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| La fin des radios libres ? |
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| Julien Remplewicz - InfoAchat.fr - 19 févr. 2009 |
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Si la migration vers la radio numérique terrestre est une évolution logique en phase avec les normes techniques actuelles, elle n’est pas sans poser de problèmes pour certains acteurs du secteur, en particulier les radios libres et associatives. Il convient, pour éclaircir la situation, de s’attarder sur quelques considérations un brin techniques.
Pour la diffusion de la radio numérique, la France a choisi la norme T-DMB (pour Terrestrial-Digital Multimedia Broadcasting), dérivée de la norme DAB (Digital Audio Broadcasting) retenue par la majorité des pays européens. Le T-DMB permet notamment d’associer de la vidéo à l’audio mais n’est pas compatible avec le DAB, pourtant plus répandu. Le Syndicat National des Radios Libres regrettent par conséquent que la France ait choisi un format propriétaire et non ouvert contrairement aux autres pays d'Europe, entraînant alors une compatibilité limitée.
L’avantage technique que constitue le passage au numérique réside bien entendu dans la possibilité de compresser le signal et donc de transporter beaucoup plus de données qu’en mode analogique. Concrètement, jusqu’à 9 programmes pourront donc être disponibles sur une seule fréquence. Mais, l’inconvénient majeur est que les radios devront passer par un autre intermédiaire que le CSA. Ce nouvel arrivant dans le paysage audiovisuel français, appelé pour l’instant le « multiplexeur », sera chargé de coordonner la diffusion de ces neuf programmes sur une même fréquence.
L’apparition de ce prestataire technique signifie purement et simplement la fin de l’autodiffusion. En effet, outre cette obligation de passer par ce « multiplexage », il faudra également s’allier avec huit autres radios pour être diffusé. Nul doute que ce nouvel acteur jouera un rôle décisif dans l’attribution des places aux radios.
L’arrêt de la diffusion analogique est prévue mais à une date encore inconnue. Cette échéance constitue le dernier danger, inhérent à ce passage au numérique. En effet, si on suppose que les grands groupes auront le monopôle sur la radio numérique grâce aux places de choix réservées par le multiplexeur, la fermeture définitive de la bande FM signifie donc la mort de la radio libre et non-commerciale. Le Syndicat national des radios libres milite ainsi pour la radio numérique multistandard, c’est à dire compatible avec le T-DMB, le DAB, les bandes AM et FM et le format MP3.
De nombreux obstacles se dressent donc sur le chemin des radios françaises vers l'accession au numérique. Et pour le moment, ce sont les plus faibles qui risquent de souffrir de cette course au tout-numérique un peu vaine. Car concrètement, ce nouveau mode de transmission n’apporte pas grand chose du côté des auditeurs (un soi-disant meilleur son et un écran pour afficher encore plus d’espaces publicitaires), voire même rien du tout du côté des radios indépendantes. Leur survie semble légèrement compromise...
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